Pourquoi je retourne aux études à 28 ans

15 avril 2019 0 Comments
Pourquoi je retourne aux études à 28 ans

Comme je vous le disais au début du mois, je viens d’être acceptée au cégep dans un programme pré-universitaire.

En quelque sorte, mon parcours académique est l’inverse de ce qu’on attendait de moi. Enfant, on m’avait étiquetée «surdouée». Ma mère me faisait lire tous ces articles à propos d’enfants de 12 ans acceptés à Harvard pour m’inspirer, me motiver. J’ai sauté une année. Je suis donc arrivée au cégep à 16 ans, sans savoir comment étudier puisque j’avais jusque là réussi à passer mes examens seulement en écoutant mes profs, sans savoir non plus ce que je voulais vraiment faire plus tard.

J’ai erré pendant deux ans et demi, changeant de programme deux fois, échouant mes cours, négligeant ma santé mentale jusqu’à ce que je ne sois plus capable de sortir du lit le matin.

Ma dernière session au cégep remonte donc à celle d’Automne 2009 et j’y retourne exactement dix ans plus tard.

Aujourd’hui, je vous explique pourquoi j’ai décidé de retourner aux études, et pourquoi maintenant.

Parce que je suis moins naïve que je ne l’étais à 16 ans

À cet âge-là, je voulais devenir journaliste. J’ai toujours aimé écrire et l’on m’avait dit d’oublier mon rêve d’être autrice; le journalisme me paraissait comme un compromis acceptable. Sauf que j’aurais été malheureuse dans le monde des médias. Trop rapide, trop compétitif, sans oublier que j’ai toujours peur d’être indiscrète quand je questionne les gens, même pour des informations de base. Mais à l’époque, je croyais que c’était parfait pour moi.

L’année suivante, j’ai été encore plus naïve. Je me suis dirigée vers un programme où, pour réussir, il faut en gros que votre personnalité soit l’antithèse de la mienne. J’ai crû que ce ne serait pas grave. Que j’allais miraculeusement développer ces traits qui me manquaient. Spoilers: ce n’est pas arrivé.

Le troisième programme dans lequel je me suis inscrite me convenait mieux, mais comme je l’ai dit plus haut, à ce stade-là ma dépression me clouait au lit. Je ne me souviens plus quel était mon plan quand j’ai finalement abandonné mes études. Aucun, je crois. Je ne voulais pas mourir, mais je ne voulais pas vivre non plus.

Ouf! Ce paragraphe a pris un détour plus dark que je prévoyais!

Bref.

En neuf ans (et quelques mois) j’ai eu le temps de découvrir ce qui me passionne, ce qui me motive. Je comprends un peu mieux comment fonctionne le monde aussi. Mais pas totalement. Dîtes-moi, c’est à quel âge qu’on n’a plus l’impression que tout nous passe bien haut au-dessus de la tête?

Parce que je ne veux pas retourner travailler dans le service à la clientèle

Avant ma grossesse, j’ai essayé de trouver un emploi de bureau, mais on ne m’a convoquée en entrevue qu’une seule fois. J’ai su que je n’aurais pas le poste quand la patronne m’a dit: «Sais-tu que ce n’est pas un resto, ici?» Euh, oui, j’avais remarqué.

J’en avais assez de n’être embauchée que pour servir des clients qui croient que parce que tu portes un uniforme informe, ils peuvent te traiter comme de la merde et aller se plaindre si tu ne leur souris pas. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai décidé de rester à la maison après la naissance de mon fils. Le plan, dès le départ, était que je retourne aux études lorsqu’il rentrerait à l’école.

Cinq ans plus tard, Arthur est inscrit à l’école du quartier, je n’ai toujours pas envie de retourner servir des cafés, alors: direction le cégep!

Parce que je veux donner l’exemple à mon fils

Les enfants apprennent par l’exemple. Je pourrais avoir de la difficulté à convaincre Arthur de prendre l’école au sérieux s’il sait que je n’en ai pas fait autant. J’aime beaucoup penser que lorsqu’il apprendra à lire, nous étudieront côte-à-côte nos mots de vocabulaire. Lui, les mots qu’il connait déjà sans savoir à quoi ils ressemblent, moi, des mots d’allemands et d’espagnol (puis peut-être d’arabe à l’université).

Parce que je m’ennuie de suivre des cours

J’aime apprendre. Je sais que je pourrais étudier en profondeur ce que je veux chez moi, mais sans la structure d’un cours donné par un prof, je perds vite ma motivation. Même avec Duolingo, je manque d’assiduité. (En vrai si je n’utilise plus l’application, c’est que j’ai oublié mon mot de passe.)

Plus que la perspective d’être qualifiée pour des emplois plus intéressants, c’est la promesse d’accumuler de nouvelles connaissances qui me fait attendre le 22 août, jour de la rentrée, avec impatience.


Êtes-vous retournés aux études à l’âge adulte? Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer?

Noémie

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